Douze mois après le déversement de lixiviats attribué à l’entreprise minière Congo Dongfang International Mining (CDM), les communautés de Kasapa, Kamatete et Kamisepe, à Lubumbashi, réclament toujours des réparations. À l’occasion du premier anniversaire de cette pollution, commémoré mercredi 4 novembre 2026, cinq organisations de la société civile dénoncent la lenteur dans l’application des mesures annoncées par les autorités.
Le 4 novembre 2025, plusieurs mètres cubes d’eaux issues du traitement des minerais et chargées en métaux lourds s’étaient déversés dans l’environnement. Selon les témoignages recueillis auprès des riverains, des habitations, des puits, des champs et des activités commerciales avaient été touchés. Une habitante de Kamatete affirme avoir perdu ses animaux d’élevage : « Mes poules, mes canards que j’élève étaient tous tués à cause de l’eau polluée. Moi, je suis une veuve. » D’autres victimes évoquent des préoccupations sanitaires et réclament une prise en charge médicale. « Je sollicite des moyens pour me faire soigner », témoigne l’une d’elles, qui souhaite notamment bénéficier d’une cure de désintoxication.
Au cœur des revendications figure une indemnisation collective de 6 millions de dollars américains. Les organisations demandent également le forage de quinze puits d’eau potable, à raison d’au moins cinq dans chacun des trois quartiers concernés, la signature d’un accord écrit entre les communautés et CDM, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de prise en charge écotoxicologique. « Les revendications les plus importantes, c’est notamment le paiement de 6 millions de dollars aux communautés locales, le forage d’au moins cinq puits dans chacun des quartiers », explique un représentant de la société civile. Ces demandes s’appuient notamment sur les mesures contenues dans une décision du ministère des Mines datée du 17 janvier 2026, dont les organisations dénoncent la non-exécution.
Autre sujet de tension, la reprise des activités de CDM. Les organisations affirment que l’entreprise a redémarré ses opérations alors que les conditions préalables à cette reprise n’auraient pas été pleinement respectées. « Nous avons juste constaté que CDM a déjà repris ses activités sans que les conditions préalables ne soient remplies », déclare un représentant associatif. Les signataires réclament aussi la publication intégrale du rapport de la commission interministérielle d’enquête, notamment les résultats des analyses écotoxicologiques réalisées sur les personnes examinées. Parmi les structures mobilisées figurent Meda Mapendo, Horizon Kasapa, VADDIPER, Action pour la Justice et les Droits Humains et l’Institut de recherche en droits humains (IRDH).
Un an après les faits, les habitants demandent également une prise en charge sanitaire pendant au moins cinq ans, un suivi médical à long terme et la réhabilitation de la route reliant le site de CDM à Kasapa. Les organisations appellent les autorités nationales à veiller à l’application des mesures de réparation.





