
Il est possible d’intervenir tôt face aux catastrophes alimentaires en RDC si un système d’alerte efficace est mis en place pour les combattre. Malheureusement, ce système est déficient. Pourtant, le pays veut faire du secteur agricole le moteur de l’économie nationale. L’étude sur le système d’alerte précoce réalisée en RDC par Konrad Adenauer soutient cette vision. L’heure est à sa présentation. C’est tout le sens de l’atelier que l’Action pour le développement régional intégré (Aderi) organise à Kolwezi.
Polydore Ilunga est un fermier de Kolwezi, Il cultive depuis environ 10 ans. En 2016 et 2017, il a fait face à la chenille légionnaire d’automne (Spodopta frugiperda). Ce ravageur a ruinée sa production. Cet atelier a notamment parlé des efforts fournis pour lutter contre ce ravageur. Visiblement triste, il se remémore: ‘’J’ai utilisé plusieurs pesticides sans succès. Aujourd’hui, j’ai compris la nécessite du système d’alerte précoce. C’est aussi seulement dans cet atelier que j’apprends le nom de cette chenille qui m’a beaucoup dérangée. Notre pays n’a pas réussi à combattre notre ignorance ’’, regrette-t-il. ‘’ La chenille légionnaire d’automne a fait des ravages au Lualaba. Elle n’attaque pas seulement le maïs mais aussi la canne à sucre mais aussi les graminées… Donc cela peut décimer notre cheptel. Heureusement avec les études menées on n’en sait beaucoup sur elle, apaise Valentin Tshynieta, inspecteur provincial de l’agriculture, pêche et élevage du Lualaba. Avec le système d’alerte on pouvait éviter ce que dit le fermier Polydore.’’
Créer un observatoire
L’étude ‘’sécurité alimentaire et systèmes d’alerte précoce en RDC’’ a été menée en janvier et février 2018 dans le Haut Katanga, Kinshasa, Tshopo, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Elle se fonde aussi sur un constat alarmant: Selon le HCR, en ce début d’année 2018, environ 5 millions de Congolais sont déracinés dont 674 879 réfugiés arrivés dans d’autres pays africains et 4,35 millions de déplacés en RDC et à en croire le PA M, plus de 6,7 millions de Congolais souffrent de faim…Il s’ajoute à cela les chocs climatiques. ‘’La mise en place d’un système d’alerte précoce doit être permanent pour éviter ces situations. Avec Ebola, le pays a agi rapidement mais avec la chenille légionnaire d’automne cela a pris du temps’’, s’inquiète Jules Nkulu, professeur à l’université de Lubumbashi, l’un des artisans de cette étude, avant de proposer, ‘’la création d’un observatoire’’. Il a expliqué aux participants les causes de l’insécurité alimentaire en RDC, les résultats de cette étude menée dans le cadre du projet: ‘’ Un seul monde sans faim’’, son bien-fondé…Heureux des explications, l’inspecteur provincial de l’agriculture, pèche et élevage du Lualaba a suggéré à Félicien Kabamba,représentant de la fondation Konrad Adenauer de tenir compte des difficultés éprouvent la province pour vulgariser la base en vue de remonter les informations. Après cette phase, il y aura des travaux en groupes qui aboutiront à des recommandations. ‘’Nous travaillons avec tout le monde société civile, médias, politiques… Nous attendons les recommandations’’, a-t-il répondu.
Satisfecit
Le président d’Aderi Willy Muyamba s’est dit heureux des échanges pertinents des participants au cours de la première journée de cet atelier ouvert par Dieudonné Mwilu,directeur de cabinet du ministre provincial de l’agriculture, pêche et élevage. Il se referme samedi 7 juillet.