
Des échauffourées ont éclaté ce mercredi 4 décembre 2024 à la cité Gecamines Musonoi, à Kolwezi. En cause, la colère des creuseurs artisanaux de Tshipuki. Entre blocages de la chaussée Joseph Kabila, brûler des pneus et affrontements entre les forces de l’ordre et les creuseurs, la tension est montée d’un cran, plongeant toute la cité dans une paralysie totale.

Des morceaux de briques jonchent l’asphalte, une barrière démontée bloque l’accès. À côté, des pneus enflammés témoignent de la colère. Les creuseurs artisanaux de Tshipuki, excédés, réclament une seule chose : reprendre l’exploitation de leur carrière, désormais propriété de l’entreprise CMT. Sept ans sans exploitation de cette zone, c’est trop pour ces travailleurs qui vivent de l’extraction artisanale.
» Nous sommes des responsables, nous demandons à la Gouverneure Fifi MASUKA de nous aider pour récupérer cette carrière. C’est ici que nous allons nous enrichir pour construire notre province. Cette zone sert d’abri pour les bandits et ils nous accusent d’être à la base des tueries. Nous ne voulons pas être des voleurs. Nous préférons manger à la sueur de nos fronts. Qu’ils nous laissent travailler dans cette concession » Ont ils déclaré.

Certains habitants évoquent un processus de « décolonisation » inachevé. Beaucoup n’auraient pas été indemnisés, bien que des richesses se trouvent aujourd’hui sur leurs anciennes habitations.
» Nos parcelles sont dans cette concession. Ils nous ont délocalisé sans nous indemniser. Nous n’avons que des jetons sans argent, pourtant nos galeries étaient en train de produire » Ajoutent les habitants.

Les femmes, solidaires des creuseurs, dénoncent leur mise au chômage forcée et défendent leur cause avec vigueur.
« Nos enfants souffrent et ils n’ont pas d’emplois. Qu’ils leur laissent le libre accès car c’est la terre de nos ancêtres » Déplorent les femmes impliquées dans la manifestation.

Entre KAPATA et MUSONIE, la circulation a été complètement interrompue. Des affrontements ont éclaté entre forces de l’ordre et manifestants, aggravant la tension. Plusieurs creuseurs ont été blessés, et selon certaines sources, un membre des forces de l’ordre aurait été grièvement blessé à coups de machette.