
Vue du ciel, le quartier Mousonoie conserve encore les vestiges d’un paysage idyllique, rappelant la splendeur d’une cité Gécamines où régnaient gloire et prospérité, tel un paradis terrestre. Mais au sol, la réalité raconte une toute autre histoire : celle d’une région marquée par des dégâts similaires à ceux causés par un séisme. Ici, toutefois, il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle, mais des conséquences des activités minières des entreprises implantées en plein cœur du chef-lieu mondial du cobalt. Glissements de terrain, fissures dans le sol et sur les maisons, les habitants vivent une situation apocalyptique.

Depuis 2019 à 2024, cinq ans d’épreuves et d’endurance. Cinq ans d’une vie devenue insupportable pour les habitants, désormais à bout de souffle. Les parcelles se métamorphosent en terres craquelées, tandis que les remblais des compagnies minières environnantes s’élèvent, formant des collines de résidus qui évoquent la tour de Babel. Ces monticules, combinés au poids des minages, exercent une pression constante sur les habitations, qui s’effondrent les unes après les autres.

Les investissements de toute une vie disparaissent sous le regard impuissant des habitants, qui ne savent plus à quel saint se vouer. Affaiblis par des conditions de vie désastreuses, ils redoutent de perdre leurs lopins de terre, derniers garants de leur survie.À moins de 100 mètres des décharges des entreprises, les maisons ressemblent à des tombeaux à ciel ouvert. Les murs fissurés ne tiennent qu’à un fil, menaçant à tout moment de s’effondrer. Malgré toutes les démarches entreprises, les résultats restent dérisoires, et les habitants se sentent abandonnés.

Chaque nuit, des centaines de familles continuent de vivre dans des conditions périlleuses. Les gouffres qui se creusent autour de leurs maisons présentent des dangers mortels. Si le jour apporte une certaine normalité, la tombée de la nuit est redoutée. Le crépuscule plonge une partie de la population dans l’angoisse, tandis que l’espoir de survivre s’amenuise.Démarches infructueuses, Malgré les nombreuses plaintes des résidents, l’ange de la délocalisation reste sourd à leur détresse.

Les autorités provinciales, bien qu’ayant visité les maisons touchées, peinent encore à apporter un véritable soulagement à ces familles sinistrées.Un membre du gouvernement provincial a récemment fait une visite au quartier Mousonoie, ravivant l’espoir d’une solution. Les regards se tournent désormais vers cette possible intervention, après des années d’un calvaire provoqué par la richesse minérale de leur sous-sol, si convoité.

Les premières pluies de la saison ont déjà causé des dégâts considérables, annonciateurs d’un avenir encore plus sombre. Face à cette situation critique, l’urgence de délocaliser ces citoyens s’impose comme une nécessité absolue.